Plus digitale, plus transversale, plus participative… la fonction RH est à l’image des entreprises : en transformation perpétuelle ! Bien placé pour en saisir l’essence, le DRH est au cœur de la dynamique de digitalisation et de développement des compétences qui secoue les organisations. Pris entre deux feux, il concilie les aspirations légitimes des collaborateurs et les contraintes économiques, technologiques et culturelles de la firme. Nous vous proposons aujourd’hui de poursuivre notre analyse des principales tendances de la profession avec la radioscopie des DRH publiée par l’Observatoire Cegos. C’est parti…

L’urgence prime sur le stratégique

Initialement attirés par le développement des humains et l’évolution des compétences des collaborateurs, les DRH découvrent une réalité beaucoup plus éclectique sur le terrain. C’est en tout cas ce qui ressort du portrait esquissé par l’enquête Cegos. En effet, si 63% d’entre eux déclarent avoir emprunté la voie RH pour « accompagner le développement des femmes, des hommes et de leurs compétences », 42% pensent que le rôle qui leur est effectivement assigné est plutôt « d’accompagner les projets de changement ». Ce gap entre les aspirations et la réalité du terrain soulève la problématique de la perception du métier par les professionnels, mais aussi par les étudiants en science de gestion.

Dans le même sens, l’enquête met en exergue l’exacerbation de « l’opérationnalisation » du métier au détriment des missions de conseil et de partenariat stratégique. Ainsi, le rôle administratif occupe désormais 29% du temps des dirigeants, soit 15 points de plus en 4 ans, aux dépens des missions de conseil et du rôle d’accompagnateur du changement qui perdent respectivement 6 et 5 points par rapport à 2012. Résultat ? Les DRH sont toujours plus dans l’urgence avec des marges de manœuvre qui s’amenuisent substantiellement. 76% des professionnels sondés estiment ainsi « passer beaucoup de temps à éteindre les incendies » et à « faire face à des changements et réorganisations incessants ».

Les évolutions de la fonction RH selon les DRH

Si le développement de la qualité du management reste un enjeu intrinsèque à la fonction RH, l’accompagnement « humain » des projets de digitalisation et de transformation de l’entreprise s’érige en priorité ultime pour 33% des professionnels sondés. A contrario, le pilotage de la démarche RSE et/ou de la marque employeur reste le projet le moins priorisé par les DRH (4%). L’autre tendance majeure concerne la mutualisation de la fonction avec les managers. 45% des DRH interrogés affirment que « les managers sont totalement impliqués dans les RH », contre moins de 24% en 2012. Le partage de la fonction est donc bel et bien en marche. Enfin, il est intéressant de noter que s’il suscite l’approbation de 64% des DRH, le concept « d’entreprise libérée* » est jugé « non applicable à toutes les organisations » et « risqué » pour l’avenir de l’entreprise.

En dépit des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, les DRH sont encore plus nombreux à recommander leur métier ! En effet, ils sont 74% à attribuer à la profession une note supérieure à 7 sur un maximum de 10, contre moins de 68% en 2012.

*Entreprise libérée : concept popularisé par le professeur universitaire Isaac Getz en 2009 et qui fait référence à un ensemble de mesures visant à économiser les coûts de structure inhérents aux services support, à la pyramide hiérarchique et aux services de contrôle.